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vidéo surveillance

  • Vidéosurveillance : halte au gâchis !

    Vidéo surveillance Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, inaugurait vendredi dernier le Centre de supervision urbain de la ville de Marseille.  

    "Il ne faut pas avoir peur de la vidéoprotection", a insisté le ministre, soulignant que "les bénéfices en matière de sécurité sont incontestables". "La vidéoprotection accompagne, elle ne remplace pas les effectifs sur le terrain", a-t-il souligné. 

    Ce projet qui a coûté 9 millions d'euros a été cofinancé par l'Etat à hauteur de 3,7 millions. Cent-quatre-vingts caméras ont été installées dans l'hyper-centre de Marseille, l'objectif étant d'en installer 1000 d'ici la fin de 2014. Les images qu'elles enregistrent sont exploitées par des agents de la police municipale. 

    Jean-Claude Gaudin, maire UMP de la ville, a qualifié ce dispositif de "grand pas franchi dans la lutte contre l'insécurité", soulignant qu'à terme des caméras se trouveraient " dans tous les noyaux villageois" qui constituent la ville. 

    Lors d'un débat organisé à Saint-Renan septembre 2009, Jean-Jacques Urvoas, aujourd'hui président de la commission des lois de l'assemblée donnait un éclairage interessant sur la vidéosurveillance partagé par la Ligue des Droits de l'Homme :

    "Comme toute politique responsable, la vidéosurveillance doit pourtant être évaluée au regard de son coût, de son impact réel sur le renforcement de la sécurité mais aussi de son cadre légal concernant la protection des libertés individuelles. Or sur tous ces aspects, la vidéosurveillance n’est aujourd’hui pas un dispositif satisfaisant. Le cadre légal de protection des libertés n’a que peu évolué depuis 15 ans, alors que la vidéo surveillance connait un essor inégalé sur les récentes années tant en terme technique que de présence sur la voie publique."

    Après les lois LOPPSI de Nicolas Sarkozy, le gouvernement semble vouloir poursuivre la mise en place d'un système de surveillance des citoyens. L'objectif est, ici encore, de flatter un sentiment d'insécurité. Comme nous l'avons déjà dit sur ce blog, la vidéo surveillance est de la poudre aux yeux. Les solutions pour une plus grande sécurité sont à trouver dans l'humain. Nous espérons que le gouvernement retouvera la raison et trouvera des solutions efficaces contre l'insécurité. 

  • Ne souriez pas, vous pourriez être filmés...

    vidéo surveillance QuimperA la suite de faits divers rapprochés dans le temps et dans l’espace (cambriolage et tentative de cambriolage dans le centre-ville), des voix se font entendre sur Quimper pour tenir un débat sur la sécurité et pour certains, minoritaires, de mettre en place la vidéo-surveillance dans le centre-ville. S’il est nécessaire de réfléchir au moyen de prévenir la délinquance et d’apporter une réponse au sentiment, fondé ou non, d’insécurité, la raison et l’objectivation doivent sous-tendre le débat.

     

    La vidéo-surveillance n’est pas un outil anodin. En s’insérant dans la cité, elle restreint les libertés publiques (même si l’on n’a rien à se reprocher, c’est comme se savoir être épié, suivi, toute la journée), en portant en germe une société du contrôle des individus. Sur le plan des résultats aucune étude sérieuse ne montre son efficacité, particulièrement en milieu ouvert et sur le plan financier, elle constitue un gouffre pour le contribuable.

    Si la vidéo-surveillance peut prévenir quelques comportements et permettre d’élucider quelques délits, elle n’empêche pas la délinquance d’exister, celle-ci s’adapte à la nouvelle donne, et au mieux pour ceux qui sont l’aire de ces caméras (mais le pire pour les autres), se déplace un peu plus loin.

     

    Le coût qu’engendre la vidéo-surveillance ne s’arrête pas à son seul investissement (lourd). La facture consiste en son entretien et surtout au personnel qui, derrière les écrans, permet de traiter les images et de faire le lien avec la police. Le bilan coût/avantage se révèle catastrophique en mettant également la société devant un risque de voir l’utilisation malveillante s’emparer du dispositif (il n’est qu’à voir en matière de fichier les affaires qui se succèdent, et dans le cas de la vidéo-surveillance privée les chroniques judiciaires d’entreprises prises la main dans le sac, qui ne constituent que la face émergée de l’iceberg).

     

    Par principe à la défense des libertés publiques mais également dans les cas concrets du quotidien,La LDH se prononce contre la video-surveillance dans l’espace public notamment.

    La délinquance et sa perception au travers du sentiment d’insécurité doivent être analysées posément, chiffres à l’appui, le diagnostic doit être partagé avant même de commencer à évoquer les pistes pour les prévenir.

     

    La LDH revendique d’ailleurs une place autour des tables rondes, débats qui pourraient se faire jour. Elle revendique la transparence, le sérieux et la réflexion pour la tenue de telles instances, loin d’une démagogie dangereuse qui flatte l’instinct primaire de l’individu.

     

    Au passage, il est bon de rappeler que la crise, le creusement des inégalités, l’étalage incessant d’une richesse que l’ascenseur social ne permet plus d’atteindre par des voies classiques et vertueuses sont quelques unes des causes de la montée d’un phénomène de délinquance qu’aucune caméra ne saura empêcher….