Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualité - Page 2

  • Pour un avenir solidaire

    avenir solidaire, LDH, européennes, solidarité, quimperLes résultats des européennes ne constituent pas un séisme. C’est une étape de plus d’un processus long entamé il y a déjà une trentaine d’années. L’incapacité des gouvernements à traiter les origines des crises économiques, sociales et environnementales, enfermés dans une logique ordo-libérale, provoque un désintérêt massif des citoyens qui ne croient plus à la possibilité de changer le monde. De leur côté, les nationaux-populistes proposent une voie autoritaire dans le rejet de l’autre et le repli.

    Nous pensons pour notre part que c’est dans l’égalité des droits et la liberté, dans une redéfinition du paradigme économique et le renforcement de la solidarité que se trouve la solution d’un avenir solidaire.

    Rejoignez la LDH et l’appel pour un avenir solidaire, pour construire dans un temps long, où la personne humaine, dans toute sa dignité, est au centre du projet.

    http://avenirsolidaire.org/

    http://www.ldh-france.org/

     

    ldh.quimper@yahoo.fr ; 06 70 21 27 21

  • Pour un avenir solidaire

    Pour un avenir solidaire

     

    La devise républicaine exprime les valeurs qui nous rassemblent : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Aujourd’hui, elle résume nos inquiétudes, nos refus, nos espoirs. Parce que les attaques contre notre bien commun se multiplient, parce que nous refusons la haine, nous, militants associatifs, syndicalistes, étudiants, lycéens, appelons tous les habitants de notre pays au rassemblement pour agir ensemble sur le terrain de l’égalité des droits et des libertés.

    Inquiets, nous le sommes devant l’offensive qui s’amplifie contre ces valeurs : l’égalité entre les femmes et les hommes, l’égalité des droits quelle que soit l’orientation sexuelle des personnes, l’égalité des familles dans leur diversité. Inquiets nous le sommes toujours face à la croissance du chômage, des inégalités et des discriminations.

    Inquiets, nous le sommes encore face à la spéculation financière qui rythme l’économie, déshumanise la société et la vie quotidienne.

    Inquiets, nous le sommes plus que jamais face à l’offensive antirépublicaine qui s’accompagne d’une instrumentalisation de la haine et de la banalisation des idées d’extrême droite.

    Cette situation dangereuse est aussi alimentée par des difficultés économiques et sociales croissantes, par des politiques qui nourrissent un sentiment d’injustice et d’abandon et par une succession de gouvernements qui depuis trente ans semblent indifférents et impuissants à résoudre les problèmes d’emploi, de justice sociale et d’urgence écologique. Dans un tel contexte, l’extrême droite multiplie les discours simplificateurs, les promesses abusives, et les solutions aussi illusoires que dangereuses.

    C’est pourquoi nous appelons à faire barrage à la haine, à la xénophobie, à toutes les discriminations et à combattre les propos sexistes, homophobes, racistes, antisémites, aux discours anti-Roms, anti-musulmans.

    Parce que la République est laïque dans sa constitution, nous refusons de voir banalisées les agressions contre la liberté de création et d’expression qu’elles visent la pédagogie, la littérature, le théâtre, le cinéma, ou Internet, la liberté de la presse et la liberté de pensée.

    Nos espoirs naissent d’une conviction partagée. La crise économique, sociale, environnementale et démocratique que nous vivons appelle plus que jamais la solidarité de tous avec tous, la reconnaissance de l’égale dignité des personnes, notamment des plus pauvres, et la confiance dans les capacités de chacun de participer au nécessaire élan d’imagination collective.

    Nos espoirs résident dans la construction d’un élan démocratique, au service de l’intérêt général, dans la réhabilitation de la morale publique en politique, dans notre volonté de faire vivre l’égalité et la justice sociale. Nos espoirs se tissent de ce que nous savons produire, créer, inventer et défendre chaque jour pour mieux vivre, pour « faire société », donner corps aux valeurs de la République.

    Tous les jours, aux côtés d’une jeunesse engagée, nous avons des raisons d’espérer : elle passe à l’action, invente des solutions pour demain, met son énergie à construire de nouvelles manières de vivre et de faire ensemble.

    Nous lançons un appel à la mobilisation pour agir, toutes et tous, sur le terrain de l’égalité des droits. Dans nos villes, dans nos quartiers et nos villages, faisons-nous entendre ! Nous sommes des millions à vouloir porter un coup d’arrêt aux entrepreneurs de haine et de peurs, soyons des millions à le dire.

    Organisons les rencontres croisées de celles et ceux qui ont à cœur de faire vivre ces valeurs, de les défendre et de les promouvoir en France et en Europe. Ce printemps, durant l’été, au-delà, mobilisons-nous pour faire vivre nos idées, expériences et propositions autour de débats, de manifestations diverses pour peser dans le débat public et affirmer ensemble que la liberté, l’égalité et la fraternité sont plus que jamais les clés de l’avenir que nous voulons.


    Un appel lancé à l’initiative de

    Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV)
    Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active (CEMÉA)
    Fédération nationale des FRANCAS
    Ligue de l’enseignement
    Ligue des droits de l’Homme

    Des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire

    Animafac, Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV), Association française pour la lecture (AFL), Association nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public (AnATEEP), ATTAC, Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active (CEMÉA), Confédération des Maisons des Jeunes et de la Culture de France (MJC), Conseil national des Associations Familiales Laïques (CnAFAL), Eclaireuses et Eclaireurs De France (EEDF), L’Economie sociale Partenaire de l’Ecole de la république (L’EsPEr), Fédération des Aroéven (FOEVEn), Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), Fédération des Centres sociaux et socioculturels de France, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques (FCPE), Fédération Française des Maisons de Jeunes et de la Culture (FFMJC), Fédération des Etablissements scolaires Publics Innovants (FEsPI), Fédération Générale des Pupilles de l’Enseignement Public (FGPEP), Fédération Initiatives des Femmes Africaines de France et d’Europe (Fédération IFAFE), Fédération nationale des Centres Musicaux ruraux (FnCMr), Fédération nationale des FrAnCAs, Fondation Copernic, Graines de France, Groupe Français d’Education nouvelle (GFEn), ICEM-Pédagogie Freinet, Itinéraire International, Jeunes Européens-France, Jeunesse au Plein Air (JPA), Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC), Le Mouvement de la Paix, Le Planning Familial, Les petits débrouillards, Ligue de l’enseignement, Mouvement français des réseaux d’échanges réciproques de savoirs FORESCO, Office Central de la Coopération à l’Ecole (OCCE), réseau national des Juniors Associations (rnJA), Union Française des Centres de Vacances et de Loisirs (UFCV), Union nationale Lycéenne (UnL), Union Peuple et Culture, Union nationale pour l’Habitat des Jeunes (UNHAJ)

    Des associations de défense des droits et libertés et de solidarité

    Association Laïque pour l’Education, la Formation, la Prévention et l’Autonomie (ALEFPA), Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), Civisme et Démocratie (Cidem), Fédération nationale des Associations d’Accueil et de réadaptation sociale (Fnars), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue Internationale contre le racisme et l’Antisémitisme (Licra), Mouvement contre le racisme et l’Amitié entre les Peuples (MrAP), solidarité Laïque, SOS Racisme, Union nationale des Associations laïques gestionnaires (Unalg)

    Des organisations syndicales

    Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), Confédération Générale du travail (CGT), Confédération Paysanne, Fédération syndicale Unitaire (FSU), syndicat national des Associations Laïques Employeur du secteur sanitaire, social, médico-éducatif et médico-social (snALEss), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Union nationale des syndicats autonomes Education (Unsa Education), Union syndicale solidaires

  • Marche pour l’égalité, contre l’intolérance à Quimper le 30 novembre 2013 - Discours de la LDH

    TOUSEGAUX-BANDEAU.jpg

    En décembre 1983, la Marche pour l’égalité arrivait à Paris. 30 ans plus tard, au-delà d’une commémoration, le climat ambiant nous amène à nouveau à reprendre cette marche.


    A l’appel de nombreuses organisations (LDH, SOS Racisme, Licra, MRAP, CIMADE,…) et de nombreux syndicats (CFDT, CGT, UNSA, Solidaires,...), des rassemblements ont lieu aujourd’hui un peu partout en France. Ici, cette démarche a rencontré celle de citoyens, constitués en collectif, pour en faire un événement fort et festif, pour dénoncer un climat mais aussi pour montrer la fierté et la force des valeurs qui nous réunissent.


    Le « narcissisme des petites différences » comme disait Freud est en train de prendre le pas sur le reste. C’est triste. Et c’est grave. La mémoire, et sa fonction sélective plus particulièrement, font oublier à l’être humain qu’à chaque fois qu’il a voulu jouer l’autre contre lui-même, il a fini par se perdre lui aussi et il n’a réussi qu’à progresser qu’en la jouant collectif. Le glissement n’est pas nouveau mais le pourrissement s’accélère. Triste temps que celui où une Ministre de la Justice se fait accueillir par une petite fille qui lui lance une banane, où le pauvre est suspect par nature et le Rom se voit attribuer le rôle du voleur de poule par atavisme.


    A vouloir oublier que nous sommes tous égaux en droits et en dignité, un pan entier de la société se prépare à revivre des périodes troubles. Mais il n’est pas trop tard. Avec un peu d’optimisme, beaucoup de joie de vivre et un zeste de coups de pied au cul, l’Homme peut dépasser ses instincts primaires pour ne plus seulement être un loup pour l’Homme mais aussi un frère de la grande meute de l’Humanité.


    Construire est toujours le plus difficile, cela demande de savoir prendre du recul, de faire œuvre de patience et de solidarité. Détruire est plus simple à première vue, on a l’impression de s’être fait du bien. Puis, un peu tardivement, on domine un champ de ruine, à moins que l’on en fasse partie.


    Construisons. L’enfer, ce n’est pas l’autre. Il est la solution, au même titre que soi-même!


    De gauche, de droite, du centre, politisé ou non, plus ou moins conscientisé, au-delà de nos divergences, un socle commun, essentiel, constitue les principes sur lesquels est bâti notre pacte social, notre pacte républicain, issu notamment du Conseil National de la Résistance et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.


    Quand l’essentiel est attaqué, la réaction doit être proportionnelle, le front doit être commun pour rappeler ces principes d’égalité et de solidarité.


    Chacun avec ce que nous sommes, mais d’une seule voix, rappelons le slogan de cette marche: Tous égaux !!!


    Merci

    Stéphane Lenoel, Président de la LDH Quimper 

     

    Marche égalité intolérance signée.jpg

    Revue de presse du jour:  

    SAM_3701.JPG

    SAM_3704.JPG


    Quimper. 500 marcheurs pour l'égalité par Letelegramme


  • Pour l'égalité, rassembler contre le racisme et les idées d’extrême droite

    Après la une du journal Minute, après les incidents qui ont marqué la commémoration nationale du 11 novembre, on constate partout une forte envie d’agir et de se rassembler contre les manifestations de racisme et de l’extrême droite. Cela s’est vérifié à Angers où, avec la Ligue des droits de l’Homme, associations, organisations syndicales et politiques se sont rassemblées autour des valeurs de la République. Cela se traduit par les plaintes déposées contre le journal Minute et par la saisine du procureur de la République par le Premier ministre. Dans le même temps, une série de manifestations et de rassemblements sont proposés pour peser avec force dans le débat public.

     

    La LDH se félicite de ce sursaut salutaire et des diverses formes qu’il adopte ; au-delà des actions juridiques, elle entend construire une démarche pleinement citoyenne, englobant dans une même condamnation, les attaques racistes ainsi que les actes et propos qui en ont permis la maturation.

     

    Car s’en tenir à la seule une de Minute serait permettre à trop de forces et de responsables de s’exonérer à bon compte de leurs responsabilités. Elle engage donc ses militantes et militants, ses sections et fédérations à assumer la vocation de force de rassemblement de la LDH ; partout, à inviter ou participer à des réunions pour permettre les expressions et manifestations les plus larges et les plus déterminées contre le racisme et les dérives d’extrême droite.

     

     

    Elle entend, enfin, contribuer, à sa place, aux processus pouvant permettre une expression forte, unitaire et visible de ce sursaut citoyen ; à cet égard, elle estime que le 3 décembre, date anniversaire de l'arrivée à Paris de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, peut être l'occasion d'un grand rassemblement à Paris, place de la République ; elle rappelle, enfin, que le 7 décembre, date choisie par nombre de forces pour faire revivre l’esprit de la Marche, est d’ores et déjà placé sous le signe de l'égalité, de la défense de la démocratie et de la République.

  • La République blessée

    Que ce soit à l'encontre de Christine Taubira ou d'un parfait anonyme, les propos et comportements racistes blessent notre république et attaquent l'ensemble de la nation. La haine, la bêtise exprimée ne doivent pas passer et nous ne pouvons pas laisser s'installer ce climat fascisant et mortifère. Il est également nécessaire de rappeler que le racisme est un délit : des poursuites judiciaires doivent être engagées pour que la justice puisse condamner comme il se doit ces comportements et propos racistes.

    La LDH Bretagne et les sections qui la composent condamnent fermement les attaques racistes dont est victime Christine Taubira et lui transmettent un soutien plein et entier. l'ensemble des composantes républicaines doivent condamner ces comportements haineux et lever les ambiguïtés d'un discours populiste qui attise le camp de la haine.

  • Concours de la vidéo engagée - 2ème édition - Résultats

    Le samedi 09 novembre 2013 à 20 heures se tenait aux halles Saint-François la cérémonie de cloture de la deuxième édition du concours de la vidéo-engagée, organisée par la Ligue des Droits de l’Homme quimpéroise en partenariat avec CICODES-CIMADE-Gros Plan- APF-MPT Kerfeunten-Cinéma le Club Douarnenez et soutenu par la MACIF et la Ville de Quimper. Sous la présidence de Nicole Le Garrec, cinéaste bien connue notamment pour le Film Plogoff, le jury et le public ont pu visionner les quatre films en compétition de ce festival dont le thème est l’engagement et les droits de l’Homme et le support tout film de moins de dix minutes.

    A l’issue du passage des quatre films, le public a voté pour attribuer le prix coup de cœur public, qui a récompensé « le poids des maux » de Sébastien Bélier. Ce court métrage suit les traces d’un jeune lycéen qui se retrouve au centre des attaques d’homophobie ordinaire, par les petites expressions dispensées par son entourage scolaire et familial. Le poids des mots devient le poids des maux, qui conduit au suicide du jeune homme. Il est trop tard, le poids des mots a fait son office : nous sommes tous responsable par nos comportements, nos actes de la souffrance des autres, il ne tient qu’à nous de faire cesser cela. A noter que le réalisateur a fait travailler sur son film des élèves du lycée dans lequel il était surveillant : une des cibles du concours est atteinte, faire œuvre d’éducation populaire auprès des plus jeunes.


    Le poids des maux par LDHQuimper 

    Le jury a ensuite décerné son prix. Et n'ayant pu départager deux films, il y a donc deux vainqueurs : « le poids des maux » de Sébastien Bélier, déjà primé par le public et le « Lipdub en Bretagne pour modifier le regard sur l’exclusion » de l’association ADALEA (Logement, insertion, écoute en Côte d’Armor) en partenariat avec la FNARS Bretagne, la fondation Masse-Trevidy et l’APE2A.


    Lipdub en Bretagne pour modifier le regard sur... par LDHQuimper

    Ce Lipdub (clip promo chantant) a fait intervenir 54 personnes, administrateurs, salariés, bénévoles et bénéficiaires des services de l’ADALEA et de la FNARS, en reprenant l’air musical du chant des partisans et des paroles réécrites pour s’indigner de la pauvreté et de sa montée mais aussi rappeler qu’ensemble, et notamment par le mouvement associatif, celle-ci est combattue. Un air conne et entraînant, de très belles paroles et un rythme très agréable ont conquis autant le jury que les spectateurs.

    Deux autres films étaient en compétition et s’ils n’ont pas remporté de prix, ils ont cependant été largement apprécié par le jury et le public ( « libertés en vie » et « foot for love »).

    Si une nouvelle édition du concours n’a pas été annoncée lors de cette cérémonie, devant la qualité des travaux et l’enthousiasme des uns et des autres, il n’est pas dit que la Ligue des Droits de l’Homme de Quimper ne lance le troisième opus de ce concours de la Vidéo engagée.

    Lien des films :

    Le poids des maux : http://www.dailymotion.com/LDHQuimper#video=x15ysgf

    Lipdub : http://www.dailymotion.com/LDHQuimper#video=x1617ye

    Foot for love : http://www.dailymotion.com/LDHQuimper#video=x15zs1z

    Libertés en vie : http://www.dailymotion.com/LDHQuimper#video=x15yrnp

     

     

  • Valls, l'apprenti-sorcier de la tentation nationale

    valls roms.jpgA entendre les uns et les autres, la société ne serait pas minée par l’incapacité à changer de logiciel de production et de partage des richesses, autrement dit par l’avènement d’un nouveau pacte social mais par une poignée de citoyens issus de l’Union Européenne. Les Roms ont remplacé les italiens et les polonais d’avant-hier, les africains et les asiatiques d’hier, les juifs des pires périodes de l’histoire, comme bouc émissaire, pour devenir dans la bouche d’un ministre de l’intérieur une catégorie de gens incapable de s’intégrer à part quelques personnes et qu’il n’y aurait de fait qu’une solution, le démantèlement des campements et les reconduites à la frontière, sous peine de mettre notre société en péril.

     Le « péril » auquel est confrontée la nation tient dans 17 000 personnes, résidant pour une majorité d’entre eux depuis plus de cinq ans en France. Dans les 394 bidonvilles répertoriés, un peu plus de 4000 enfants sont présents. Des baraques de fortune, sans eau courante, avec des conditions d’hygiène dégradée. Ce n’est pas le mode de vie rêvé, pas plus pour les 65 millions de résidents en France que pour les 17 000 personnes concernées, loin de l’invasion que semblent décrire les xénophobes de tous poils.

    Citoyens européens mais dont les droits d’accès au travail sont réduits en vertu des accords qui ont prévalu lors de l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union Européenne, la levée progressive de ces restrictions améliore d’ailleurs la situation sur le front de l’emploi comme le montre le rapport commandé par le gouvernement et sorti hier. Ce qui rappelle une évidence à Monsieur Valls qui voulait l’oublier : les Roms sont des personnes comme les autres, ils veulent bien travailler pourvu qu’on ne les empêche pas. Les enfants sont scolarisés quand les pouvoirs locaux le permettent. Mais le démantèlement des camps casse les efforts réalisés en ce sens.

    Si l’on ne peut se satisfaire que ces bidonvilles existent, et en premier lieu pour le bien-être et la sécurité de ces populations, le démantèlement sauvage ne fait qu’empirer la chose. Il casse le seul repère existant, la stabilité, qui est la première marche de l’intégration, par le travail et par l’école. La circulaire de 2012 avait permis, sur le papier, un net progrès, en obligeant avant un démantèlement à proposer un diagnostic social et une solution de logement. Et c’est bien l’application réelle, effective et non-minimaliste qui est demandée. Ainsi, penser que proposer une solution d’hébergement d’urgence pour trois jours et disparaissez dans la nature, relève de l’erreur grossière et de la manipulation d’opinion.

    Au-delà, qu’un ministre de la République, qui se réclame d’un courant politique progressiste et universaliste puisse tenir de tel propos est inacceptable, dangereux, et d’une totale inconscience. Utilisant les procédés maintes fois éprouvés de l’extrême droite, souvent utilisés par ses prédécesseurs ministres de l’intérieur au premier rang duquel se trouve Nicolas Sarkozy, stigmatisant une catégorie pour brosser dans le sens du poil populiste un électorat à fleur de peau qui n’attend que la désignation d’un bouc émissaire pour exprimer une colère dont l’origine se trouve être ailleurs, Manuel Valls renforce le camp de la haine dans ses convictions, il donne un blanc-seing aux théories de la stigmatisation et de la discrimination. Ce n’est pas digne d’un ministre, ce n’est pas digne d’un homme qui se dit républicain et progressiste.

     

    Il y plus de 70 ans, des socialistes ont eu à connaître de ce choix, être des Hommes d’Etat ou rester des hommes politiques accrochés à une carrière : il est encore temps de choisir entre Blum et Déat, entre la dignité de la personne humaine, la fidélité à ce principe ou une vue à court terme pour ses propres intérêts.