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  • Appel sur le logement : le changement, c’est maintenant

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    Le logement est un droit fondamental de la personne humaine qu’une société se doit de garantir à ses membres. C’est un bien de première nécessité.

    Le logement est tout autant une fin qu’un moyen. Il constitue un droit primordial pour pouvoir exercer tous les autres, il permet à l’individu de s’émanciper et de réaliser son projet de vie, il est également un facteur de stabilité important. A contrario, son absence ou la difficulté à se loger, notamment dans des conditions décentes, à pouvoir assumer un loyer, participent du mal être de l’individu.

    Il y a souvent une double peine avec le logement.  La pauvreté et la précarité empêche l’accès au logement, et le logement lui-même peut devenir une charge qui fait plonger l’individu, au travers de son coût ou de son insalubrité.

    La trêve hivernale se termine mais la situation ne change pas pour autant :

    En France, aujourd’hui, 3,651 millions de personnes sont mal logées (SDF, habitation de fortune, conditions de logement très difficile), 5,154 millions de personnes sont fragilisées par la crise du logement (copropriétés en difficulté, locataires en impayés…), le taux d’effort moyen des ménages dans le parc privé d’un ménage avec deux enfants est de 49,6 % (49,6 % du budget familial est consacré au logement, il est de 22,9 % sur le parc social). Quand les prix à la consommation ont augmenté de 19% de 2000 à 2010, les prix des logements anciens ont évolué de 107 %,  dans le parc privé de 47 % et pour les HLM de 29 %. La part consacrée au logement, autant à la location qu’à l’achat, a ainsi progressé dans le budget des ménages et d’autant plus pour les classes populaires et les classes moyennes.

    Pour les ménages les plus modestes, 73 % des revenus (loyer, charges locatives, énergies..) sont pré-engagés avant même qu’ils ne tombent sur le compte en banque contre 40 % pour les classes moyennes et 32 % pour les ménages les plus aisés. Et ce que la statistique ne montre pas de prime abord c’est que le pourcentage disponible restant s’applique sur des revenus différents. Un ménage qui gagne 1 000 € aura un reste à vivre de 270 € quand celui qui détient 2 500 € aura encore 1 000 € et celui ayant 5 000 € de revenus détiendra encore 1 600 €. La réalité qui se cache derrière la statistique est terriblement cruelle…

    La crise amplifie déjà ces tendances de fonds et les réponses à apporter doivent être à la mesure du défi qui se pose, il en va autant de la justice que de la cohésion sociale, dans l’intérêt de tous.

    La réponse ne pourra pas être unique, seul un ensemble de mesures permettra de concrétiser une politique du logement efficace et au service de la justice sociale. De même, il faudra un courage politique qui a souvent manqué pour transformer l’essai. Enfin, tous les acteurs de cette politique devront jouer le jeu.

    Au niveau national,

    C’est le fléchage des dispositifs financiers sur le logement social, et plus particulièrement pour les publics les plus fragiles qui doit être privilégié. Les dispositifs du type Besson, Scellier et Duflot, qui se succèdent, ne sont pas les bons outils pour répondre à la crise actuelle.

    Il est nécessaire de construire dans le logement social pour les revenus les plus modestes pour permettre de faire tomber la pression de l’occupation et par effet domino de détendre l’offre pour les classes populaires et les classes moyennes en libérant des logements. C’est autant la qualité (catégorie) des logements que la quantité qui fait partie de la résolution de l’équation du problème.

    A ce titre, le surcoût engendré par les normes, notamment environnementales, doit être pris en charge par la solidarité nationale pour ne pas aboutir à un prix de location trop élevé pour les ménages modestes. Notons au passage que la poursuite des efforts pour réaliser un parc de logements peu énergétivores est une bonne réponse à la problématique des charges trop élevées, notamment en matière de chauffage.

    Nous appelons à une véritable politique nationale plaçant le droit au logement à un niveau constitutionnel, faisant de ce même droit un bien de première nécessité, permettant à l’Etat de réaliser une politique ambitieuse, notamment en terme d’instrument pour permettre une politique foncière d’envergure, une planification et un interventionnisme plus que nécessaire, notamment dans les zones de tension et un système de financement digne de ce nom.

     La Solidarité Nationale dans le financement de cette politique doit être la pierre angulaire et passe notamment par un  redéploiement des moyens mis en œuvre.

    L’arbitrage doit se faire entre aide à la pierre et aide individuelle à l’acquisition et non entre hébergement d’urgence et logement pérenne. Mobiliser les moyens sur le logement social, notamment pour les populations les plus fragiles, investir dans le l’hébergement d’urgence, c’est permettre de relâcher la pression pour l’ensemble. Construire oui, mais en appréciant la qualité et la localisation pertinente.

    Le mythe d’une France de propriétaires ne saurait être perpétué aveuglément. Le libre choix doit présider en étant conscient de la limite que la propriété introduit pour les populations les plus fragiles : Elle peut devenir une charge qui précipite dans la pauvreté : frein à la mobilité pour accepter un emploi, frein à la réactivité notamment en cas de changement dans les revenus.

    C’est bien le parc locatif qui doit être aidé par la solidarité nationale, comme garantie d’un logement pour tous, d’un logement décent pour tous. La solidarité nationale doit également jouer comme garantie et cautionnement, dans le parc locatif qu’il soit public ou privé.

     

    Sur le plan local :

    Chaque territoire connaît des spécificités, des tensions plus ou moins fortes, des problématiques et des synergies singulières.

    Au niveau du Finistère, et plus particulièrement de la région de Quimper,  il faut partir du diagnostic du territoire. Si les tensions sont moins fortes que dans d’autres centres urbains, des risques sont clairement identifiés, et des spécialisations de territoire apparaissent, notamment entre la ville-centre et la périphérie.

    Le chômage, les séparations, la précarité, la monoparentalité, les accidents de vie, la marginalisation et l’exclusion conduisent nombre de nos concitoyens dans des situations critiques. Au-delà de la qualité du parc locatif et sa taille, les dispositifs d’accompagnement, de suivi et d’alerte sont à mettre au cœur d’une politique du logement pour tous.

    A l’instar des objectifs nationaux, l’effort sur le logement doit porter prioritairement sur le logement social, notamment sur le PLAI (Prêt locatif aidé d’intégration). Plus que l’aide au locataire ou au propriétaire, c’est l’aide à la construction qui doit être privilégiée et permettre des prix de sortie abordable pour les populations les plus en difficulté dans l’accès et le maintien en logement.

    De même, les aides à la rénovation doivent permettre, par une dégressivité en fonction des revenus, de lutter contre la précarité énergétique notamment, qui constitue un des facteurs de déstabilisation des ménages et des individus.

    Parallèlement, il faut travailler à la mise en place de Garantie aux propriétaires pour les logements conventionnés accueillant les populations les plus fragiles.

    L’accompagnement social, pour rendre effectif un droit au logement en lien,  doit être renforcé et articulé avec les dispositifs relatifs à l’emploi ou les dispositifs de prise en charge par la solidarité nationale. Le tissu associatif est ici une chance pour notre territoire et les synergies doivent être encouragées et promues.

    La réquisition est possible, moyennant une juste compensation des propriétaires. Elle peut permettre de régler des problématiques de moyen terme, qui aujourd’hui sont traitées au coup par coup, comme par exemple l’achat de nuitées d’hôtel.

    Traiter chaque problématique sur sa bonne temporalité, c’est un gage de réussite.



    La question des Gens du voyage est également à traiter rapidement. La paupérisation d’une frange de plus en plus importante devrait alerter sur les limites des réponses aujourd’hui apportées. L’approche manichéenne, aires de passage temporaires ou sédentarisation dans du dur doit être revue. La sédentarisation peut se réaliser dans le cadre  de programmes particuliers tels que des terrains familiaux en location sociale et en accession à la propriété. Le respect du mode de vie est primordial pour travailler en confiance et permettre l’intégration et notamment la scolarisation continue des plus jeunes.

    La politique du logement, c’est un travail dans la dentelle, qui nécessite un effort collectif, de multiples actions, de la plus petite à la plus grande, et de fait, un échange permanent entre tous les acteurs.

    En ce jour de fin de la trêve hivernale, nous appelons les différents acteurs à se réunir pour échanger et proposer des plans d’action concrets sous la conduite des autorités publiques qui doivent tenir entièrement leur rôle : être les pilotes et les animateurs d’une politique du logement pour tous.


    Courriel envoyé à :

    -          Secours populaire 29, Croix rouge Quimper, Secours Catholique, Urgence pour un toit, Habitat et humanisme

    -          Préfecture du Finistère, CG 29, Quimper Communauté, Pays de Fouesnant, CC Pays Bigouden SUD, CC Haut Pays Bigouden, CC Pays Glazik, CC Douarnenez, CC Cap Sizun.

    -          OPAC Quimper Cornouaille, Habitat 29, le logis-breton…

    -              Le Télégramme, Ouest-France

  • Vidéosurveillance : halte au gâchis !

    Vidéo surveillance Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, inaugurait vendredi dernier le Centre de supervision urbain de la ville de Marseille.  

    "Il ne faut pas avoir peur de la vidéoprotection", a insisté le ministre, soulignant que "les bénéfices en matière de sécurité sont incontestables". "La vidéoprotection accompagne, elle ne remplace pas les effectifs sur le terrain", a-t-il souligné. 

    Ce projet qui a coûté 9 millions d'euros a été cofinancé par l'Etat à hauteur de 3,7 millions. Cent-quatre-vingts caméras ont été installées dans l'hyper-centre de Marseille, l'objectif étant d'en installer 1000 d'ici la fin de 2014. Les images qu'elles enregistrent sont exploitées par des agents de la police municipale. 

    Jean-Claude Gaudin, maire UMP de la ville, a qualifié ce dispositif de "grand pas franchi dans la lutte contre l'insécurité", soulignant qu'à terme des caméras se trouveraient " dans tous les noyaux villageois" qui constituent la ville. 

    Lors d'un débat organisé à Saint-Renan septembre 2009, Jean-Jacques Urvoas, aujourd'hui président de la commission des lois de l'assemblée donnait un éclairage interessant sur la vidéosurveillance partagé par la Ligue des Droits de l'Homme :

    "Comme toute politique responsable, la vidéosurveillance doit pourtant être évaluée au regard de son coût, de son impact réel sur le renforcement de la sécurité mais aussi de son cadre légal concernant la protection des libertés individuelles. Or sur tous ces aspects, la vidéosurveillance n’est aujourd’hui pas un dispositif satisfaisant. Le cadre légal de protection des libertés n’a que peu évolué depuis 15 ans, alors que la vidéo surveillance connait un essor inégalé sur les récentes années tant en terme technique que de présence sur la voie publique."

    Après les lois LOPPSI de Nicolas Sarkozy, le gouvernement semble vouloir poursuivre la mise en place d'un système de surveillance des citoyens. L'objectif est, ici encore, de flatter un sentiment d'insécurité. Comme nous l'avons déjà dit sur ce blog, la vidéo surveillance est de la poudre aux yeux. Les solutions pour une plus grande sécurité sont à trouver dans l'humain. Nous espérons que le gouvernement retouvera la raison et trouvera des solutions efficaces contre l'insécurité. 

  • Conférence-débat : le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers - lundi 25 mars à 20 heures aux halles Saint François, Quimper

    droit de vote, résidents étrangers, LDH, Quimper, 25 mars 2013Conférence-débat : le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers, c’est maintenant !
     
    Les sections locales de Quimper, Concarneau, Quimperlé et Riec de la Ligue des Droits de l’Homme vous invitent à la conférence-débat qu’elles organisent le lundi 25 mars à  20h00  aux halles Saint François de Quimper, autour de la thématique du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales.
     
    Cette conférence sera animée par Vincent Rebérioux, membre des instances nationales de la LDH et chargé de la campagne sur le droit de vote des résidents étrangers.
     
    A l’issue de cette conférence, nous invitons l’ensemble des organisations signataires de l’appel droitdevote2014.org à se constituer en un comité local pour mener la campagne ensemble.

  • Femmes, égalité!

    égalité.jpgLe principe d’égalité entre les femmes et les hommes est né des luttes politiques des femmes. Le 8 mars nous commémorons en un jour l'importance de ces luttes de tous les jours. Si le principe est garanti par la constitution, son application pleine et entière reste à conquérir. Et même si cette année 2013 voit la France disposer, comme nous le réclamions, d'une ministre chargée des droits des femmes, l'action pour les droits ne doit pas baisser d'intensité. Car si la loi proclame l'égalité, ce que nous n’avons pas, c’est l’égalité réelle.

    Communiqué de la LDH pour le 8 mars 2013.